
Le jour où la lettre arriva,
Et que j’entendis tambouriner à ma porte
Je me tenais face à la fenêtre et regardais,
Immobile, engourdie, comme enveloppée de bois,
Le rideau de pluie folle qui tombait au dehors.
J’ai le souvenir confus d’avoir ressenti
Un mal-être inconnu m’envahir.
Peut-être fut-ce à ce moment-là que la porte du rêve se referma sur moi.
J’eus du mal à me déplacer, et le temps sembla encore
Et encore prendre son temps, lentement
J’ouvris sans bruit, un autre corps à la place de mon corps,
Le sourire triste de l’homme, son regard effrayé lorsqu’il me tendit la lettre
Celle-là même que je tiens aujourd’hui entre les mains
L’enveloppe claire et humide,
L’écriture ronde et bleue, la mienne,
Légèrement délavée, me laissant deviner les syllabes de mon nom
Etrangement lointain et familier pourtant.
Cette écriture me parle, cette voix que je perçois
Et qui semble surgir de l’au-delà de moi
Lorsque je la lis et relis, au rythme de la pluie,
Lorsque je vis et revis ce jour là,
Le jour où la lettre arriva,
J’entends tambouriner à ma porte
Je me tiens immobile et regarde à la fenêtre,
Engourdie, comme enveloppée de bois,
Le rideau de pluie folle qui tombe au dehors
Et au-dedans de moi.
Sans doute fut-ce à ce moment-là que la porte du rêve se referma sur moi,
Qu’elle me fit prisonnière de ce songe sans lune,
Labyrinthe en sommeil et ses couloirs de brume..